Le printemps commence à la mer
là où les roses sont plus rouges
chassant le vent des solitudes.
Perdue dans tes yeux, ma sirène,
Je cède à ta morsure-prière...

Côte à côte nous marchons sérrées,
blotties contre notre bonheur partagé.

Derrière nous des berceaux de sable:
ce sont nos pas qui se rejoignent,

Enfin!

Euridice Dante

Vous lui direz
Que rien n'égalait mon bonheur
Lorsque sa main prenait ma main,
Qu’avec elle l'enfance revenait,
Me donnant envie de chanter, danser,
Que la nuit, blottie dans ses bras,
La tristesse me délaissait.

Vous lui direz
Qu’une miette de temps passée à ses côtés
Valait mille ans de la vie d'un dieu,
Que le chant des anges ne remplacera jamais sa voix
Qu’aucune lumière ne sera jamais aussi douce
Que celle que j'ai vu dans ses yeux.

Vous lui direz de grignoter le soleil de chaque jour
Ce sera un peu de ce que j'aurai voulu lui donner,
Mais que peut offrir une rien du tout,
Une misère aux lèvres closes,
Les mains fermées, les yeux baissés?

Vous lui direz de rire beaucoup,
Au moins autant qu'il y a d'étoiles
Dans un des plus beaux ciels d'été.
Que des choses bien meilleures l'attendent,
Que le bonheur certainement est facile
Pour qui accepte de le trouver

Euridice Dante

à toi qui part



Tu deviens transparent tu sais ?

Je vois bien qu’il est temps pour toi de partir,
Tu vas si loin que je ne peux
Ni te suivre ni te retenir
Et pourtant j’en rêverais

Je ne peux plus vraiment te donner
Plus d’amour que jamais je n’ai donné
Sache que restent ici, ceux qui te chérissent
De tout leur cœur, de toutes leurs forces

Le pays que tu vas explorer en éclaireur
N’efface aucun lien qui nous lie à jamais
C’est juste parce que tu étais trop curieux
Que tu as voulu nous y précéder non ?

Fais nous signe de temps en temps,
Pour nous raconter les chemins qui brillent
Et les fleurs de paix, les sources d’éternité
L’or du cœur qui se s’étend sur les plages

Et je te promets que lorsqu’il sera temps
Un à un nous viendront t’y rejoindre
Pardon si on traîne encore un peu ici
C’est pour mieux goûter aux retrouvailles

Pars, pars et laisse moi ne pas me retourner
Sur tes derniers pas encore ici, pardon,
Je n’ai jamais été très douée
Pour les au revoir….

Mais j’adore l'instant où je te retrouverai !

Euridice Dante

Où sont les mots?

Silence, et mort du rire, les mots ne me viennent pas,
dans ma coquille affreuse je me cache et me tords
pour me recroqueviller, pour que plus rien n'atteigne
l'ombre d'une rose fanée qui retient les virgules
il n'y a plus de soleil, ni d'étoile, ni de lune,
ce n'est même pas le feu qui me glace ou me brûle
c'est le vertige terrible qui fait craquer mes os
comme une collection de maux au lieu de mots
Euridice ne bouge pas, Euridice se tait,
ils reviendront bientôt mais j'attends que me vienne la paix

Euridice Dante

la torture du temps

l'impatience est torture quand on est seule ou pas
chaque jour est mesure du temps qui ne vient pas
la patience parait-il ne s'apprend que pas à pas
moi je reste pourtant sûre que je ne la connais pas

quand il y a une blessure elle ne se ferme pas
seule sous les couvertures je ne le trouve pas
donnez moi la mixture qui sommeil me rendra
pour être un peu plus sûre que ce que j'attends viendra

s'il vous plait

à ma Femme

Soleil de mes jours Perle de mes nuits,
Puis-je rêver devenir….ton Etoile ?

Euridice Dante

Pas à pas

Pas à pas, elle avait pris son temps, la Belle
Pour venir se joindre à nous trois, intriguées par la courbe douce
Où on sentait des coups de pas. Mais comment à 5 ans comprend-t-on
Qu’une nouvelle petite sœur vient à soi ? Elle avait attendu la neige
Mutine, pour commencer à penser à sortir du bain merveilleux où elle était si bien comme ça dans le ventre de Maman et pointer sa frimousse aux frimas
D’un hiver où on ne l’attend pas parce que déjà l’enfance ne rêve
Que de Noël et ne devine vraiment pas qu’un cadeau du ciel nous viendra quelques jours avant, Coquine ! Etait-ce la neige qui te décida ?
Mais c’était chouette parce que comme ça, nous pourrions la tenir dans nos bras
Doucement, oui,oui, je fais attention : un nouveau-né c’est délicat
Et voilà qu’en décembre elle est venue et je crois que ce jour là
Est devenu plus important, alors quoi chaque année la fête avance mais pas à pas
Ce n’est pas Santa Klaus que j’attends chaque année comme ça
Mais c’est de pouvoir encore une fois ce jour te serrer bien fort dans mes bras

Euridice Dante

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