et comme ça, l'air de rien,  derrière les feux de broussailles et les cris, la gale gagne du terrain. Les mots dépassent la vitesse du con. La haine démange telle une lèpre. Et derrière tout ça, à l'abri sous ses gants propres, lourde d'un venin aussi clair qu'un nectar l'araignée tisse la toile d'ombres dont elle espère nourrir un monde d'affamés, de déçus, d'appeurés, de braillards, de bénis, de gentils qui ne savent pas vraiment la menace qui pèse sur le jour qu'ils préparent, croyant se liberer et ajoutant des chaines à leurs coeurs, à leur vie, à demain. La mort veille. La mort de toute égalité.

se noyer dans les nuits trop bleues
jusqu'à dépasser les heures sans sommeil
jusqu'à l'épuisement bienvenu
qui endort remords et regrets

toute parole est douce
lorsqu'elle est donnée
à qui a vu son coeur se briser

la fin

comme quatre orphelins
dans un grand lit trop vide
quatre coeurs à l'unisson
les larmes épousent la nuit



je ne t'aime pas plus quand tu es malade,
je ne t'aime pas moins,
je t'aime, c'est éternel,
c'est ma respiration,

si l'amour était magicien
il effacerait ta tristesse

je te demande presque rien:
si tu pars d'abord
arranges-toi pour m'attendre quelque part
où je pourrais te retrouver, forcément

ma Bambou

deux fois vingt ans

Deux fois vingt ans pour devenir sereine,
apprendre la patience, forcément
et juger du grave et du reste
je suppose qu'on sourit mieux à la vie
muni de quelques rides

j'ai le cerveau qui moisit

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