j'ai déposé une pierre dans le jardin des autres,
pour la première fois révélée, nue, ma honte et ma vie résumée,
quelqu'un a dit présent malgré les silences de mes jours, terrée,
l'espoir reprend puisqu'il ne me reste que la lutte
j'aimerais voir partir le juge de mes jours et mes rêves
arreter le temps, s'endormir sans vraiment s'en rendre compte
et s'effacer
oublier les pleurs qui seront versés, les mots, les regrets de ceux qui restent
et ne comprennent pas
il m'est impossible de savoir si j'ai mal ou pas
mais envie de partir, ça oui
je ne comprends pas plus que vous
alors mieux vaut se taire
c'est dur d'aimer
aimer jusqu'à rester ici parmi vous
sous mon carcan de chair chaque bouffée d'air me pèse,
je suis ma prisonnière
et mon corps se tue en mangeant
je baisserais les yeux sous vos yeux qui me jugent
chaque bouchée est un glas
pour qui se sait
obèse
qui connait le secret de l'arbre aux 30 metres?
de ses fleurs, en un jour, au parfum de charogne?
la defense d'ivoire perce son tronc immense
et enfin l'eau jaillit sauvant la vie sauvage
il s'appelle baobab
je hais ma chair
je hais mon sang
je hais mes rêves
je voudrais taire le passé
qui se réveille amer
un dernier je t'aime
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